Icône du mouvement surf en Californie du Sud dans les années 50-60 (notamment sur la plage de Malibu), originaire de Hongrie et gitan dans l’âme, Miki Dora a fasciné plusieurs générations de surfeurs.
Son style félin sur la vague lui avait valu le surnom de « Da Cat », le chat. D’autres l’appelaient « le Dylan des vagues » ou le « Kérouac en bermuda ».
Le journal « Times » de Londres, après sa mort, l’a décrit comme un « surfeur hédoniste qui était devenu le héros d’une génération de beach bums. Dora était tout ce qu’un surfeur se doit d’être : beau, bronzé et indocile. »
Les écrivains Jack Kerouac, John Fante, Charles Bukowski étaient ses amis.
Le Malibu de ces années là était un paradis insolite aux frontières de la société.
« Quand on découvrait le surf à Malibu dans les années 60, on ne pouvait pas faire les choses à moitié. La vague parfaite, on l’attendait, mais elle ne pouvait ne venir que toutes les six semaines. Il fallait se rendre disponible et lui consacrer sa vie. » (Jack Kerouac).
D’autres témoignages de surfeurs de l’époque à propos de Miki :
« Il improvisait en permanence, il avait le timing, le feeling et savait lire l’océan comme personne. Quand il prenait une vague, tout s’arrêtait, la plage n’avait d’yeux que pour lui. »
« Il se vivait comme un véritable artiste. Il n’était pas filmé, pas enregistré, il créait dans la liberté la plus absolue. Il savait que rien ne resterait de cet instant magique. »
Le soir, après des heures gorgées de soleil et d’eau salée, Miki Dora filait à Venice, à la tombée de la nuit, pour écouter du jazz, Chet Baker notamment qui, comme lui, savait improviser avec les poètes de sa génération.
« Avec Miki, nous allions dans les clubs de Santa Monica pour écouter Gerry Mulligan, Stan Getz ou Dave Brubeck. »
« Leur musique s’accordait pleinement à ce que nous exprimions sur les vagues. Les musiciens appréciaient notre grâce et notre liberté. Et nous étions, nous, fascinés par leur style de vie… »
Miki Dora n’aimait pas l’argent. Il assurait son quotidien par quelques vols à l’étalage et quelques arnaques. Il vivait de peu : de vagues, de soleil, de jazz, et de ses relations d'amitié, bien qu’il soit solitaire dans l’âme.
Il a fait ses adieux à Malibu en 1969, l’année où les idéaux hippies s’abîmaient déjà à Woodstock. Il n’a jamais d’ailleurs pardonné à ses complices d’avoir succombé aux charmes du business et de Hollywood.
La triste ironie dans tout cela, c’est que son histoire va être racontée prochainement dans un film, Leonardo Di Caprio ayant acheté les droits d’une biographie récente qui lui a été consacrée.

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