Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 19:32

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Synopsis : du Paris des sixties au Londres des années 2000, Madeleine, puis sa fille Véra vont et viennent autour des hommes qu’elles aiment. Mais toutes les époques ne permettent pas de vivre l'amour avec légèreté. Comment résister au temps qui passe et qui s'attaque à nos sentiments les plus profonds ?

 

 


Ce film, qu’on pourrait situer dans la filmographie de Christophe Honoré entre la gaieté frivole et insouciante du film lui aussi musical et chanté « Les chansons d’amour » et la gravité mélancolique du film un peu trop poseur « La belle personne » (avec une Léa Seydoux autrement plus charismatique que Ludivine Sagnier…), démarrait pourtant plutôt mal.

 

En effet, la toute première partie (le film en compte six), avec la rencontre entre un médecin tchécoslovaque et une jeune vendeuse en chaussures, Madeleine, bien décidée à profiter de la vie (jouée par Ludivine Sagnier donc, que j’ai toujours trouvée pour ma part exaspérante tant son jeu, trop apprêté, sonne faux – sans compter qu’elle paraît peu crédible physiquement en Catherine Deneuve jeune…) laissait augurer du pire. Et entre les chansons d’Alex Beaupain que je trouvais insipides, et les scènes que je regardais avec de plus en plus d’ennui, j’ai bien failli quitter la salle.

 

Fort heureusement, le charme a commencé à opérer avec l’arrivée de Vera, la fille de Madeleine, interprétée (magistralement) par Chiara Mastroianni. Et la magie s’est installée petit à petit dans ce film, au fur et à mesure que les années défilent (à Paris, Londres, NY, Montréal et Reims…), et que les histoires d’amour se lient et se délient.

 

Christophe Honoré semble en tout cas bien plus doué pour capter l’air des années 1990-2000 que les années 1960 (où on ne peut s’empêcher de le comparer, à son désavantage, à Jacques Demy). La rencontre entre Vera et Henderson (joué par un acteur américain à découvrir, Paul Schneider), au sein d’un club londonien au milieu des années 90, est notamment une des grandes scènes du film. Et autant les personnages de Madeleine jeune et de son amant/mari Jaromil (joué par un acteur lui aussi assez fade) sonnaient faux au tout début, autant le personnage de Vera, de ses amis (dont un Louis Garrel lui aussi au mieux de sa forme, débarrassé de ses tics maniérés de jeunesse), et bien sûr de Madeleine et de ses amants (Catherine Deneuve, toujours aussi bonne actrice, au côté de deux « ghest stars », Milos Forman et Michel Delpech, tous deux étonnants), sonnent justes, et du coup, émeuvent.

 

Et puis, là encore grand revirement, les chansons d’Alex Beaupain font alors elles aussi résonance à l’histoire et au vécu des personnages, avec une musicalité, une poésie et une interprétation beaucoup plus séduisantes !

 

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On retiendra aussi de ce film, au-delà de la complicité évidente entre les acteurs (enfin, à partir de la troisième partie…), la très belle interprétation de Chiara Mastroianni (déjà épatante dans « Non, ma fille, tu n’iras pas danser »), dans le rôle de Vera, la fille, qui ose autant que sa mère, mais qui semble bien moins douée pour gérer l’amour avec la même (fausse ?) légèreté de Madeleine.

 

« Je suis restée une femme légère

Pour m'éviter le poids du cœur et ses mystères

Les amours comme des sacs de pierre

Tout ce qui pèse, tout ce qui nuit

Jamais faire pitié, juste envie. »

 

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« Je peux vivre sans toi, tu sais

Le seul problème mon amour c'est

Que je ne peux pas vivre sans t'aimer. »

 

L’ambivalence de ces deux extraits de chansons résume bien l’humeur avec laquelle je suis sortie de ce film. Tout à la fois ravie et désenchantée, en me demandant, au fond, quelle qualité, de la gravité ou de la légèreté, correspond le mieux à la condition humaine…

Par Valérianne - Communauté : Humeurs
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Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 16:14

 

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Je viens de me régaler à voir cette comédie américaine décapante et roborative, issue de la production Apatow (pour rappel, Judd Apatow est un scénariste – réalisateur – producteur américain, qui a un joli palmarès de comédies américaines à la clef : « 40 ans, toujours puceau » - « En cloque, mode d’emploi » - « Sans Sarah, rien ne va » - « Funny people »…).

 

 

 


Réalisé par Paul Feig, un des amis d’Apatow (ils ont notamment co-écrit et produit ensemble la série culte « Freaks and geeks »), ce film est une franche réussite dans le registre comédie culottée à l’humour trash qui a depuis quelques temps déjà les faveurs du public (cf le succès, l’été dernier, de « Very bad trip »).

 

L’histoire, pour faire simple : Annie, la trentaine, n’est pas vraiment au mieux de sa forme. Célibataire (plaquée depuis peu), même si elle a une relation épisodique, plus « plan cul » qu’autre chose…, avec un macho complètement foireux (Jon Hamm dans un rôle à contre-emploi de « Mad men »), avec un boulot pas vraiment excitant qu’elle ne peut s’empêcher de sabrer, par ailleurs fauchée comme les blés, ce qui l’oblige à cohabiter avec un couple de frère et sœur tout aussi indélicats, se voit proposer par son amie d’enfance Lillian (Maya Rudolph) d’organiser son mariage au mieux. Mais Annie va devoir compter avec d’autres demoiselles d’honneur, dont une certaine Helen (Rose Byrne), snobinarde bien pensante, qui est bien décidée elle aussi à s’imposer comme « meilleure amie » face à Lillian.

 

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Au-delà de l’humour régressif typique (parfois énooooorme dans le mauvais goût ! il y a notamment une scène, inracontable…), le film parle aussi finement des thèmes récurrents dans les films Apatow, à savoir l’amitié, la solitude, la perte des illusions, comment vivre aussi sans être aspiré par le poids des conventions…

 

Même si l’ensemble est un poil long et le final, un peu trop convenu (très américain par le côté « tout finit bien, les personnages se réconciliant tous à la fin… »), j’ai trouvé ce film très réussi, avec un vrai comique de situation (lors de scènes assez burlesques dont certaines frôlent l’absurde), des dialogues bien écrits qui font mouche, et un mélange, très réussi, entre l’humour osé et la tendresse.

 

A noter que les acteurs sont tous formidables, mention spéciale néanmoins à celle qui joue Annie (Kristen Wiig, irrésistible et qui montre un sacré abattage !) et qui est aussi co-scénariste et co-productrice du film.

 

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Amateurs d’humour léger, délicat et raffiné, passez votre chemin. Pour les autres, cette comédie décomplexée (et bien plus fine qu’elle n’en a l’air…) fera votre bonheur !

Par Valérianne - Communauté : Humeurs
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Jeudi 11 août 2011 4 11 /08 /Août /2011 17:41

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Lars Von Trier nous présente ici un très beau film crépusculaire tenant tout à la fois de la poésie et du fantastique.

 

Après un prologue onirique magnifié par la musique baroque de Richard Wagner (« La mort d’Isolde »), et des images, éclats instantanés mentaux, porteurs de présages funèbres, le film se divise en deux parties différentes (présentant deux magnifiques portraits de femmes : Justine et Claire) mais indissociables pourtant l’une de l’autre, l’une existant par rapport à l’autre, les deux se fécondant mutuellement.

 

Ce film « apocalyptique » métaphorique, qui va s’enfoncer peu à peu dans un huis-clos angoissant, étrange et beau, renvoie aussi le spectateur à lui-même, à une torpeur révélatrice de ressentis inconscients.

 

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Dans la première partie, derrière un mariage conventionnel se voulant festif et heureux, mais où les protagonistes se révèlent, chacun dans son genre, assez perfide, derrière cette belle mise en scène qui se fissure avec les uns et les autres, se propage une réalité qui laisse apparaître tout d’abord le dérisoire des choses, puis laisse petit à petit planer une ombre inquiétante et évanescente. Quelque chose couve, une menace imminente…

 

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Dans la deuxième partie, plus fantastique, éclairée par la pleine lune et la planète Melancholia, tour à tour rouge et bleue, qui va entamer une danse d’Eros et Thanatos, à travers un ballet onirique porteur de séduction et de mort, quelque chose s’accélère qui n’était pas prévu… On suit ainsi fasciné le mouvement de Melancholia qui semble instaurer un réseau de forces telluriques imperceptibles, voies invisibles et pourtant obligées, que seule Justine semble percevoir.

 

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Incarnée par l’actrice Kirsten Dunst, Justine, fondamentalement marginale (derrière une apparente intégration : elle travaille dans la pub, elle se marie), qu’on sent étrangère au milieu où elle évolue, à ses motivations et valeurs, est une jeune femme qui vit ailleurs que dans ce que les autres, notamment sa sœur Claire (incarnée par Charlotte Gainsbourg), recherche… Elle vit une réalité qui lui est propre, dans l’infra-événementiel, une réalité singulière qui va s’imposer petit à petit à elle dans son évidence sensible.

 

Dès les premières minutes du film, on devine derrière son sourire, puis, au fur et à mesure du mariage, dans son refus évident d’obéir aux règles sociales, dans son détachement, une profonde fêlure intime. On sent qu’elle souffre de ne pouvoir se faire comprendre, de ne pouvoir s’expliquer, de ne pouvoir partager son ressenti…

 

Pourtant, lors du mariage, elle fait de son mieux, Justine, elle a envie d’y croire, à ce bonheur dont les autres parlent pourtant en termes si convenus. En brave petit soldat, elle y va, mais le sentiment de vacuité des choses prend le dessus, et elle devient de plus en plus absente, tout d’abord psychiquement, puis physiquement. Comme s’il s’agissait du mariage d’une autre. Absente à sa propre vie, à la vie surtout que les autres ont désiré à sa place. Mélancolique donc.

 

Ne me regardez pas dedans
Qu'il fait beau cela vous suffit
Je peux bien dire qu'il fait beau

Même s'il pleut sur mon visage

 

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Derrière la façade qui se fissure, derrière la fêlure, se propage autre chose, de menaçant… dont Justine, clairvoyante, est la première à avoir le pressentiment.

 

Il y a des choses qui me rongent La nuit
Par exemple des choses comme
Comment dire comment des choses comme des songes
Et le malheur c'est que ce ne sont pas du tout des songes

 

Après la fête où s’est déjà deviné la tristesse des « masques et bergamasques », va commencer à peser ainsi sur les jours, de plus en plus crépusculaires, et les nuits, porteurs d’une lumière sacrificielle, une fatalité implacable. L’existence va lentement s’inscrire dans une dimension anxiogène qui la dépasse. Une force en marche s’échappe, quelque chose d’inquiétant qu’on ne saurait définir. Un danger occulte. Comme si une bombe à retardement était cachée tout près, une bombe dont le tic-tac rythme l’inexorable, l’obsédante certitude d’une échéance pourtant encore invisible.  

 

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Et ce pressentiment va – enfin – relier Justine à elle-même. Car l’approche de Melancholia va lui insuffler une autre respiration. Après un état dépressif, où elle semble de plus en plus évanescente, étrangère à la vie – cf notamment la très belle scène où Claire, attentive, douce, bienveillante, essaye de lui faire prendre un bain alors qu’elle est prostrée, incapable du moindre mouvement – Justine va petit à petit s’inscrire dans une autre dimension, plus personnelle. Comme si elle s’éveillait, comme si elle était enfin reliée à son destin. Et que celui-ci s’adaptait au même rythme que la planète.

 

Ainsi, dans une très belle scène nocturne, offerte nue à la lumière de Melancholia, elle semble se relier à la planète, comme silencieusement informée, encodée secrètement, déterminée à son insu, dans une relation mystérieuse faite d’une complicité secrète.


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L'étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure...

 

Fataliste, apparemment indifférente à la catastrophe qui se prépare, comme déjà résignée, déjà détachée de la vie, qu’elle n’a jamais probablement aimée (« la terre est mauvaise »), Justine se révèle alors à elle-même et aux autres, comme une clairvoyante qui se découvre, comme si elle « savait » depuis toujours ce qui allait arriver, comme si le pire qu’elle avait toujours envisagé comme la seule issue possible, était – enfin - en état de marche.

 

Je suis d'un autre pays que le vôtre, d'un autre quartier, d'une autre solitude

Je m'invente aujourd'hui des chemins de traverse

Je ne suis plus de chez vous, j'attends des mutants

 

Parallèlement à cette « révélation », Claire, la sœur rationnelle, pleine de bon sens, qui a les pieds sur terre, celle qui tente régulièrement de retenir sa sœur qui s’éloigne peu à peu, si attachée aussi à son fils, va petit à petit perdre pied. L’angoisse va insidieusement la submerger. Et celle qui semblait si peu douée pour la vie va alors accompagner et aider, par sa lucidité clairvoyante, celle qui se révèle, au final, bien moins douée pour affronter la mort.

 

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La scène finale, filmée hors champ (Melancholia n’apparaîtra qu’aux toutes dernières secondes), avec l’étau de la menace qui se resserre, est saisissante. Le geste ultime si singulier de Justine pour adoucir la peur de ses proches, notamment de son neveu qu’elle aime tant, balaye toute rationalité. Ne reste alors que la solitude et la singularité de chacun face à la mort qui arrive.

 

Je suis le Ténébreux, le Veuf, l’Inconsolé
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie
Ma seule Etoile est morte, et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie

 

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(Merci à Louis Aragon, Paul Verlaine, Léo Ferré, Gérard de Nerval… d’avoir accompagné ces lignes)

 

 

Par Valérianne - Communauté : Humeurs
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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 11:37

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Ce n’est pas un hasard si je choisis le titre d’un film de James Bond pour illustrer mon texte, parce que celui-ci est aussi une forme d’hommage à quelqu’un qui aurait tué, que dis-je, égorgé, dépecé, éviscéré le premier quidam qui l’aurait empêché de pouvoir voir, en temps et en heure, le dernier 007…

 

Plaisanterie à part, je voudrais évoquer ici le travers, qu’on a tous, à certains moments, de vouloir ménager nos proches, notamment les « grands malades » (ceux qui sont « en sursis » comme on dit).

 

Comme le proverbe le dit (et pourtant, je déteste en général les proverbes, que je trouve toujours idiots sortis de leur contexte…), « l’enfer est pavé de bonnes intentions ». 

 

Pour illustrer tout cela, une petite anecdote.

 

J’ai un ami, journaliste cinéphile (et cinéphage !), qui a (sur)vécu, avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, pendant 9 ans. 9 années qui ne l’ont pas empêché de vivre, de rire, d’utiliser sans restriction l’humour (plutôt noir, c’était son style, depuis toujours), et de continuer à partager ses passions (le cinéma, la lecture, l’écriture), avec toujours cette subjectivité grande gueule limite « mauvaise foi » qui était sa marque de fabrique, et qu’on lui pardonnait toujours, tellement grand était son talent.

 

Il était aussi très malin, et savait nous duper au mieux. Comme il était hémophile, il était habitué depuis l’enfance à devoir gérer la maladie, les urgences, les accidents qui, forcément, se compliquent… et savait du coup masquer les rechutes dues, elles, au sida, en les mettant sur le compte de ses hospitalisations habituelles et chroniques. Tout en continuant, jusqu’au bout pratiquement, à travailler, à écrire ses articles.

 

Quand il est mort, ses amis, y compris ses plus proches amis, ont été stupéfaits. Ils n’ont pas compris pourquoi, jamais, à aucun moment, il n’avait évoqué ce dont il avait souffert ces dernières années. Ils ne l’ont pas compris tout de suite, dans l’instant, mais avec un peu d’intuition, ont deviné peu après ses raisons.

 

Pour ma part, connaissant bien sa sensibilité, je sais qu’il aurait détesté qu’en ayant connaissance de cette maladie (à l’époque encore mortelle), et du temps qui lui était du coup forcément compté, les autres se comportent différemment avec lui. Même subtilement. Même avec l’intention de le soulager un peu, de le ménager par ex. Il a voulu au contraire faire en sorte que ses relations gardent ce goût d’authenticité jusqu’au bout. Ce qui lui a permis de se montrer, jusqu’au bout aussi… emmerdeur, insupportable, provocateur, généreux, fêtard, épuisant, charmeur, indécis, pudique, ambivalent, pimenté, séducteur, odieux, insomniaque, enthousiaste, insatiable…et jusqu’au bout aussi, d’avoir des retours dans le même sens. Excessif et passionné, jusqu’au bout donc il l’a été. Et donc humain tout simplement. Non un malade, avec écrit sur le front « mort en sursis » et donc « personne à ménager »…

 

Allez, pour clôturer cet article qui, je l’espère, n’est pas morbide (ce n’était en tout cas pas le but du jeu !) : une petite image de « The Avengers » et une compilation d’hommages pour se rappeler, qu’au fond, la mémoire permet aussi de continuer à vivre avec nos morts… ;-)

 

 

"Hommage à Bernard Lehoux"

(cliquer sur le lien)

 

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Par Valérianne - Communauté : Humeurs
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Samedi 30 juillet 2011 6 30 /07 /Juil /2011 10:51

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Je ne supporte pas les gens en retard.

 

Je ne parle pas d’un retard de quinze minutes, ou d’un retard plus long justifié.

 

Non, je parle des retards systématiques sans raison apparente, de la part de ceux qui aiment se sentir attendus, désirés…

 

Les retards qui nous obligent à nous faire du souci, qui nous font nous sentir « en manque »… - « en attente de l’autre » donc.

 

Pourtant, comme tout le monde, j’ai besoin d’être désirée, espérée par l’autre…

 

Mais pourtant, je ne supporte pas l’idée d’être attendue. D’ailleurs, je suis rarement en retard.

 

Je me demande à quoi cela fait écho.

 

A l’amour peut-être.

 

L’amour étant, comme chacun sait, ce qui divise le plus au monde. Ce qui provoque le plus de malentendus.

 

Etre en retard est une manière de provoquer le manque, ce que certains relient à l’amour.

 

« Elle m’attend, je lui manque, elle m’aime… »

 

Sauf que ce manque est organisé, instrumentalisé. Rien de gratuit, de libre, de spontané. Tout sauf l’amour pour moi. Et dans ce cas là, dans ces retards répétés, je lis qu’il n’y a alors qu’une solution : la fuite, le refus devant ce que je ressens comme de la manipulation.

 

http://www.news-assurances.com/wp-content/uploads/2010/10/horloge-temps-retard-montre.jpg

 

 

De même, contrairement aux retardataires chroniques qui jouent avec cette idée, je ne supporte pas que l’autre puisse avoir des attentes trop fortes envers moi.

 

Devoir rappeler dans l’heure qui suit à un message téléphonique. Répondre à une question ou à une demande alors que je n’ai rien demandé. Pire encore, devoir s’engager, sans que soit respecté mon timing (je suis une lente…) et surtout ma liberté.

 

Paradoxal me direz-vous, puisque dans ce cas là, je fonctionne comme ces retardataires que je critique. D’une manière radicale, je deviens alors peu fiable. Imprévisible. Forcément décevante.

 

En fait, ce que j’apprécie, c’est quand il n’y a aucune attentes de part et d’autre, juste l’attente peut-être de l’instant. Que cet instant(ané) soit spontané, naturel, sans calculs, et peut-être alors magique. 

 

Le parolier et compositeur Jacques Duvall a exprimé, dans sa chanson « Je déçois », avec beaucoup d’humour ce fonctionnement.

 

Les gens attendent beaucoup de moi
Je me demande vraiment pourquoi
S'ils veulent attendre ils s'ront servis
Devant nous on a toute la vie

Mes yeux se perdent dans le vide
On pourrait croire que je suis timide
En réalité je suis lâche
Et j'me dérobe sans relâche

Je déçois, je déçois, je déçois...

Je tiens pas mes promesses, faut dire
Que j'tiens même pas à les tenir
Le pire c'est qu'j'ai aucune excuse
J'peux même pas dire que ça m'amuse

Il n'est pas impossible qu'un jour
Je trouve mon salut dans l'amour
Si j'tombe sur la fille qui m'inspire
Je suis sûr que je peux faire pire

Si Dieu m'a fait si décevant
Ça doit faire partie de son plan
Et par conséquent, décevoir
J'considère ça comme un devoir

 

Par Valérianne - Communauté : Humeurs
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